Ceux qui se dilapidèrent (Variations)

Ceux qui se dilapidèrent (Variations)

Je pense soudain à ceux qui ne purent pas
S’y faire,
à vivre dans le temps,
Un temps.
(Qui ne voulurent pas vivre au crochet
De la prudence.
Qui s’ennuyaient
Dans le train train des heures.
Qui avaient de l’impatience et de la bravade
En excès.
Qui trouvaient outrageant d’être
Mortels,
De ramper devant la
Peur.

Qui trouvaient beau d’être
Orage cru
Qui aimaient tant
Faire gicler la rondeur de l’instant
Comme un grain de cassis âpre.

Je pense,
À ceux qui se dilapidèrent
Comme on voudrait parfois le faire,
Flinguant les temps morts.
Soignant la peur par le danger
La souffrance par l’anesthésie, l’excès
Vivant, bon gré mal gré, à tombeau ouvert.

Ils s’incendièrent comme Gainsbourg son billet.
Ècharpés, escarpés, ils furent, à l’extrême.
Pas échappés du temps pour autant.
Ils en finirent vite avec la fin.
On est de leur trempe
Leur flamme crève les yeux.

Il n’y a pas de vie triomphante ?

13 juillet 2019

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